Groupe Alpi'Cimes - Équipe Régionale Alpinisme Grand Est

 

    Le groupe Alpi'Cimes est une équipe d'une dizaine de stagiaires qui suivent tout un cursus de formations et de stages en vue de passer l'initiateur alpinisme et/ou ski alpinisme. L'objectif est qu'ils puissent proposer ces activités dans leur club ou au niveau de la Ligue.

Ils se retrouvent ainsi, régulièrement, pour partager leurs expériences et profiter des conseils de l'équipe d'encadrants. Vous retrouverez, sur cette page, le récit de leurs aventures.

 

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LE BLOG du GROUPE ALPI'CIMES

 

    Vous trouverez ci-dessous les récits et/ou les photos des membres du groupe Alpi'Cimes de retour de leurs aventures. Ces récits d'aventures sont présentés à la façon d'un blog ou carnet de voyages, du plus récent au plus ancien, avec le ton et le style de chacun des protagonistes.

 


22 et 23 mars 2025 - Ski de randonnée - TOUR DE LA TOUR SALLIERE (MARECOTTES - SUSANFE)

   Bruno souhaitait initialement se diriger vers l’ascension du Piz Buin (3 312m) en Autriche. Une approche à ski et un final avec crampons/piolets. Malheureusement, impossible de trouver refuge dans la région ! Après de nombreuse prospections, Bruno nous propose le tour de la Tour Sallière.

   Départ de la station de ski des Marécottes, passage par le col de la Golette, redescente sur le lac de Salanfe, puis remontée au col de Susanfe avant d’atteindre la cabane de Susanfe pour le premier jour. Le programme de la deuxième étape commence par la montée au col de la Tour Sallière, descente jusqu’au lac d’Emosson, remontée au col de Barberine pour une redescente par le vallon d’Emaney jusqu’aux Marécottes.

   Un programme fort alléchant! Nous serons 5: Julien, Bruno et moi d’Alpi’Cimes accompagnés du deuxième Bruno et de Fabrice du Ski club de Ste Marie. Ils sont tous deux bons skieurs, compétiteurs en ski alpinisme.

   Bruno, notre leader du jour, a bien préparé ce WE. Les échanges avec les participants ont permis de bien nous mettre dans le bain de ce qui nous attendait, on a hâte…nous croisons les doigts pour la météo qui semble s’arranger à quelques jours du départ !

   Samedi matin : départ à 5h30 de Sélestat. On décolle avec la camionnette de Ste Marie. A 10h00, nous sommes sur les skis après une ascension incroyablement silencieuse dans un télécabine flambant neuf…une élévation d’une douceur stupéfiante jamais vécue jusqu’alors dans une remontée mécanique. Les Suisses savent innover !

   Après une bonne heure d’ascension sur le tracé en bordure de piste, nous rejoignons l’arrivée du télésiège que la plupart des randonneurs emprunte pour éviter 460m de D+ supplémentaires à la journée qui les attend.

   Nous voilà au pied de la première difficulté, le couloir d’abord large se resserre et se redresse franchement juste avant le col de la Golette. Une quinzaine de skieurs sont déjà à pied d’œuvre en amont. Nous les suivons en faisant de plus en plus de conversions jusqu’à devoir déchausser 150m avant le col pour finir la grimpette skis au sac. Julien peine un peu lors de la montée mais nous rejoint assez rapidement.

   C’est grand bleu, Ce soleil printanier est déjà chaud. On se pose au col pour casser la croûte. Le massif de la Tour Sallière à gauche, les Petits Perrons à notre droite et les Dents du Midi pile en face. Ce cirque de Salanfe est grandiose. On visualise très bien notre route jusqu’au prochain col.

   Skis aux pieds, on se lance un par un dans les premiers hectomètres de ces belles pentes douces qui nous ouvraient leurs bras. On se rend vite compte du besoin de flirter avec des contre-pentes Nord pour garder sous les semelles une neige moins transformée et plutôt bien skiable. Les essais de virages sur des pentes orientées au soleil sont quant à eux bien moins satisfaisants dans cette neige ultra transformée et lourde. Après quelques chutes inhabituelles dues à la surprise des changements d’état du manteau neigeux, s’ensuit une traversée sur le plat au niveau du lac de Salanfe.

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    On entame alors les 600m de remontée au col de Susanfe. Les fusées de Ste Marie filent devant, je préfère garder un rythme plus adapté à ma condition et je décide également de jouer le rôle de tampon entre le groupe de tête et Julien que je vois peiner de plus en plus derrière. Nous traversons une zone de gueules de baleine, la neige a une bonne cohésion et plutôt dure, le soleil à cet endroit s’est déjà dissipé derrière les cimes. Ça ne bougera pas plus aujourd’hui. Mais passer au milieu de ces larges bouches n’autorise pas la glissade. Ce n’est pas une crevasse mais une chute de plusieurs mètres dans ces trous pourrait être problématique. Je décide d’attendre Julien pour ce passage délicat qui demande lucidité et attention. On communique avec Bruno en visu un peu plus haut grâce aux talkie talkie-walkie. Je lui dis que je reste avec Julien. Ils continuent jusqu’au col où ils nous attendront.

   Julien s’arrête souvent, se pose sur ses bâtons, semble vraiment être en difficulté. Il reprend lentement mais sûrement. Il est prudent et concentré au passage des gueules. A ma hauteur, il m’explique que son asthme lui joue des tours. Il a pris de la Ventoline mais ses poumons restent comme serrés avec l’altitude et l’effort demandé. Il m’assure que ça va le faire, qu’il gère tranquillement son ascension. Je repars devant et assez vite distance Julien mais je le garde évidemment en visu. Avant d’arriver au col ça se redresse à nouveau mais cette fois pas besoin de déchausser. Une fois arrivé à notre hauteur, Julien a besoin de reprendre son souffle.

   Il ne reste plus qu’à se laisser glisser vers l’Ouest jusqu’à la cabane. Le temps est changeant, les nuages gris arrivent mais laissent encore passer quelques rais de ces douces lumières de fin d’après-midi. La vallée s’ouvre à nous. Les premiers virages sont prometteurs mais uniquement les premiers ! Très vite, on retrouve une neige croûtée, la hantise de tout skieur de randonnée, si bon soit-il !

   Néanmoins, on se laisse descendre en travers des pentes, ou de talweg en talweg pour éviter les virages scabreux. On atteint rapidement la petite cabane. Des chaussures ornées de chaussettes trônent à l’extérieur à côté de la porte…un premier indice qui nous font comprendre que les mètres carrés doivent être comptés à l’intérieur !

   On se déchausse, mais il manque des Crocks à notre taille, certains restent en chaussettes. Une quinzaine de skieurs sont déjà là. Certains blottis autour du poêle bien chaud et d’autres tapent le carton dans un recoin de la pièce. Les « peaux de phoque » sèchent au plafond. On tente d’apprivoiser cet espace exigu, on trouve une planche à hauteur pour poser nos chaussons à faire sécher, il n’y a pas vraiment de place pour poser le reste de nos affaires et pour nos sacs à dos qui ne peuvent pas être montés à l’étage, au niveau du dortoir. On peine également à trouver un tabouret pour tous s’assoir…

   Après une dernière ascension, d’un escalier très raide, on choisit nos couchettes et réservons notre emplacement nocturne en y dépliant notre sac à viande. On se pose quelques minutes, le temps d’un repos salvateur. Chacun se fait déjà un petit bilan de cette première journée. En réouvrant les yeux, Bruno nous interpelle avec Fabrice. Il nous fait part de ses doutes pour le lendemain. Le 3X3 a dû l’empêcher de fermer l’œil ! et pour cause…Plusieurs feux orange se sont mis à clignoter : l’état de forme de Julien, la difficulté plus importante de l’étape du lendemain avec un passage sur glacier, la longue remontée vers le col de Barberine, la météo très incertaine (des nuages, du brouillard ? devront laisser place à plus de lumière l’après-midi mais rien n’est moins sûr), l’envie de ne pas exploser les horaires pour ne pas rentrer trop tard…

   Bruno avoue qu’il préfère que l’on joue la sécurité en remontant au col de Salanfe pour un retour aux Marécottes en descendant par le barrage de Susanfe et le hameau du Van… Nous rejoignons nos deux autres compères restés en bas et évoquons avec eux nos interrogations pour le lendemain. Rapidement, le choix est fait et sommes tous d’accord avec l’analyse de Bruno.

   L’ambiance est bonne, nombreux acolytes sont du coin, de Champéry plus bas dans la vallée, et sont montés jouer dans leur jardin favori ou pour donner un coup de main à la gardienne présente les week-ends en hiver. Il fait chaud et le repas très bien cuisiné nous récompense des efforts fournis.

   Si le refuge est spartiate, les toilettes sèches d’hiver situées à 30 m dans un abri le sont d’autant plus. Il faut chausser des bottes de pluie pour y accéder. Dans un cabanon flanqué derrière un gros rocher, un sol verglacé qui est en pente nous contraint à bien nous tenir au montant de la porte en bois pour éviter une glissade malheureuse sur le trou du caisson en bois faisant office de trône. C’est une expérience montagnarde de plus ! On s’en satisfait mais juste on se dit qu’on fera tout pour éviter de devoir se relever la nuit…

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   Dimanche matin, 6h15. La nuit fût bonne. Dehors, c’est bouché et il neige. Le choix d’hier semble se confirmer. Après un bon petit déjeuner, on s’équipe pour un départ à 07h00. La neige cesse rapidement, il ne fait pas si froid. Une petite moquette de 5 à 7 cm s’est déposée sur un fond de neige durcie par la nuit.

   Nous prenons le temps de monter jusqu’au col, nous ne sommes plus pressés par le timing et profitons alors du paysage changeant et de ces lumières magiques qui virevoltent entre les couches de nuages se dissipant sur les flancs des falaises voisines.

   Julien gère bien cette montée, à son rythme, juste ce qu’il faut pour ne pas contraindre ses poumons à se resserrer. Le col se bouche au passage d’un nuage puis s’ouvre à nouveau suffisamment pour avoir une visibilité correcte sur le début de la descente. Fabrice passe devant. On se suit à distance raisonnable, toujours à vue et je joue au serre-fil.

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On repasse devant les gueules de baleine que l’on va contourner via une pente plus raide mais plus sûre. La neige moquette est vraiment très agréable, on poursuit la descente en choisissant sa trace entre les nombreuses bosses et creux que nous offrent ce vallon très ouvert.

   
On file rapidement jusqu’au lac de Salanfe, direction le barrage où nous serons obligés de repeauter une dernière fois jusqu’à la chapelle située au-dessus de l’ouvrage.

   On poursuit notre descente dans le fond de vallée encaissée sur une neige de printemps cheminant à travers les arbres façon boarder-cross très ludique. On parvient à pousser nos skis jusqu’au Van d’En Bas…

   
On franchit le tunnel à pieds et en quelques mètres à peine, dès sa sortie, nous changeons franchement de saison, nous voilà de retour au printemps, la vue se dégage sur la vallée de Martigny bien verte, les odeurs de forêt qui se réchauffe nous enveloppent. La neige a totalement disparu et faisons face au soleil.

   En 30 minutes, nous voilà de retour à la voiture. On casse vite fait une petite croûte et à 11h30, on redécolle vers l’Alsace…de belles images plein la tête.

   
Encore un week-end Alpi’Cimes qui a tenu ses promesses. On a su s’adapter aux contraintes du moment pour profiter pleinement et sans stress de ce splendide secteur à l’abri des grandes foules. On reviendra, ça semble être une évidence…

   Merci Bruno pour ce choix judicieux !

   Sébastien FLECK, initiateur alpinisme - Groupe Alpi’Cimes ffme Grand Est

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08 et 9 février 2025 - Ski de randonnée - La Fouly

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Samedi 08 février 2025

  On est monté vendredi soir pour la Fouly, Bruno, Seb et Elisabeth m’ont récupéré à Bâle. Le trajet s’est bien passé mais les derniers kilomètres avant le village étaient un peu tendus. Le vent avait soufflé de la neige sur la route et la route était partiellement gelée, mais on est arrivé à bon port. Dépose des bagages devant l’hôtel et on monte se coucher.

  S’ils avaient pu mettre plus de lits dans la chambre, ils n’auraient pas hésité. Il y avait quatre lits superposés collés les uns aux autres et juste la place de marcher au pied des lits. C’est pour un weekend, on va s’en sortir. Mais on ne va pas y passer une semaine.

  Pas de petit déjeuner avant 8h00, donc on se lève vers 7h30 pour commencer à préparer les sacs.

  On a rendez-vous à 9h00 avec Thierry et sa femme pour démarrer.

  Le petit déj expédié et on se retrouve tous dehors avec Frederic et sa femme Sophie, deux personnes du club de Thierry.

  On fait le briefing de la sortie et on se met en marche à pied. Julien pensait passer à gauche de la rivière mais on aurait marché assez longtemps sur la route. Thierry conseille de revenir en arrière et on passe la rivière sur un petit pont, puis vérification DVA et on avance.

  Le groupe a tendance à s’étirer sur la piste de ski de fond, donc on ralentit les premiers et on attend les derniers. On longe la rivière avant de monter dans la forêt.

  Julien n’attendait pas de pentes à plus de 25 degrés avant la fin de la sortie, mais dans la forêt on est arrivé rapidement à des pentes à un peu plus que 30 degrés. Le groupe s’espace volontairement pour passer les dernières pentes assez raides, puis nous sortons de la forêt et montons en parallèle de l’arête. Une partie du groupe s’arrête sur un petit plateau en vue du sommet et redescend un peu plus bas pour se mettre à l’abri du vent.

  Nous montons au sommet avec Seb, Thierry, Bruno et Pierre. Les rafales sont fortes et il faut faire attention lors des transitions. Une fois le sommet atteint, on prend quelques photos et on remballe vite pour aller se mettre à l’abri.

  Nous retrouvons le reste du groupe à l’abri du vent et on skie dans la forêt pour redescendre. On trouve toutes les conditions de neige, de légère à cartonnée.

  C’est enfin l’heure du déjeuner. Un bon sandwich et on fait une recherche de victimes d’avalanches.

  Thierry cache deux DVA dans des sacs et Julien à 15 minutes pour les trouver. Il est dans les temps, il y a quelques améliorations possibles à sa technique et Thierry est très pédagogue sur ces points.

 

Dimanche 09 février 2025

  Après discussions avec le reste du groupe et au vu de la journée du Samedi, le choix est fait de tenter la Tête de Ferret, mais en passant dans le vallon à droite plutôt que par l’itinéraire proposé qui montait sur la croupe à gauche.

  On démarre comme Samedi avant de partir sur la droite pour monter dans le vallon. La météo est ensoleillée, on aura toujours du vent mais moins que le Samedi.

  Le groupe monte au milieu du vallon pour rester loin des côtés et des potentielles chutes de rocher ou de glace qui pourraient venir de plus haut.

  Le groupe s’étale assez rapidement en fonction des cadences de chacun et les premiers s’arrêtent de temps en temps pour attendre les derniers. La progression est bonne mais la neige a été travaillée par le vent, ce qui présage un ski musclé à la descente.

  Après trois arrêts, nous apercevons la Tête de Ferret mais au vu de la vitesse du groupe et la volonté de ne pas rentrer trop tard à la voiture, nous décidons de faire le sommet Chantonnet, qui est beaucoup plus proche et accessible.

  Le groupe repart. Thierry prend le lead sur une pente risquée en laissant de la distance entre les membres du groupe. Chacun arrive au sommet à son rythme, on a une très belle vue sur l’Italie de l’autre côté mais les Grandes Jorasses ne sont pas visibles de là où on se trouve.

  Et puis c’est parti pour la descente qui alterne bonne neige et neige bien soufflée. On arrive tant bien que mal en bas et on profite d’une terrasse dans le village après ce weekend bien rempli.

 


10 et 11 janvier 2025 - Ski de randonnée - Andermatt

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Samedi 10 Janvier 2025

    Après un trajet sans encombre avec Elisabeth qui m’a récupéré à Bâle, on retrouve Thierry et un ami à lui, Olivier à la sortie d’Hospental pour attaquer le Winterhorn.

    Il doit faire -5 degrès avec un bon vent qui nous refroidit bien. Petite discussion de départ, on briefe rapidement sur la course (c’est tout droit dans la montée), quels passages sont risqués, la fin principalement, on ne devrait rien rencontrer à plus de 30 degrés autrement. Il fait froid et la visibilité n’est pas bonne, on va progresser avec le terrain et la carte. On avisera si on fait le sommet en arrivant en haut.

    La course démarre, après quelques ajustements et enlevage de couches, on trouve notre rythme. Thierry nous encourage à sortir régulièrement des traces déjà existantes pour évaluer la condition de la neige (croute, lourdeur). Dans notre cas, elle est légèrement croutée, poudreuse dessous avec une sous-couche dure. Il faudra rester vigilant si la pente s’incline.

    On monte sans encombre jusqu’à l’ancien restaurant, mais la visibilité diminue. On croise plusieurs groupes d’initiation dans la montée.

    Avec la visibilité qui diminue, on décide de suivre la ligne de crête puis on zigue-zague autour d’elle quand la pente devient trop raide. On essaie d’exploiter la largeur de pente au maximum en évitant les zones plus raides. Dans ces pentes, la neige poudreuse glisse sous les pieds et on se retrouve sur une couche dure où il faut bien ancrer les carres.

    On trouve l’ancien télésiège et on décide de le suivre jusqu’à la fin. On le perd parfois de vue au-dessus de nous. Thierry repasse devant et jette son bâton pour voir si la pente monte ou descend. On arrive à la fin du télésiège.

    La visibilité ne s’est pas améliorée et pour continuer il faut passer au travers d’un champ de rochers et retrouver le même itinéraire à la descente. On fait le choix de redescendre, on skie sous le télésiège de nouveau. La neige est bonne, on s’arrête régulièrement pour pointer le prochain point de regroupement, puis on y va. On reste tous en visuel pendant la descente et on y va tranquille du fait de la faible visibilité.

    Vers la fin, on retrouve de la visibilité et on va skier dans les arbres en choisissant nos lignes. Puis on trouve une section un peu plus raide à la fin après avoir fait partir volontairement une plaque de neige soufflée, on descend. Et on nous somme de retour au parking.

Dimanche 11 Janvier 2025

    Partir vers la Albert-Heim Hutte était une option, mais les pentes sont presques toutes exposées Sud.

    Le risque d’avalanche étant plus faible et la neige probablement meilleure sur des pentes moins exposées, nous avons décidé Samedi soir d’aller faire le Rothalihorn.

    C’est une course PD avec 1350 m de D+ dans laquelle on évite les pentes raides. On peut skier jusqu’à la fin et ensuite un court portage nous amène au sommet

    Il faisait -11°C en fond de vallée avec une légère brise mais le soleil était bien visible et annonçait une belle journée. On part dans le fond de vallée en suivant les rails de trains, puis la rivière. On a eu un petit souci de communication au départ et le groupe s’est séparé en deux. Nous nous sommes retrouvés puis nous attaquons la montée. Il y a déjà beaucoup de monde dans notre secteur. On finit par arriver au soleil et on continue notre montée.

    Thierry profite d’une pause pour faire une analyse de la neige. Pendant la nuit la vapeur d’eau du sol est remontée dans la couche de neige, formant des grains à face plane. La neige glisse des gants comme du sucre. La neige n’a pas de cohésion et on ne voit plus les plaques comme Samedi. Le risque d’avalanche est toujours présent mais cette perte de cohésion le réduit. Il faudra faire attention en fin de journée lorsque la neige s’alourdira sous les effets du soleil.

    S’il reneige sur cette couche sans cohésion, ce sera propice aux avalanches.

    Le départ de la course est commun pour le Rottäligrat et le Rottalihorn. Je manque le changement de direction pour partir vers le Rottalihorn et nous sommes donc engagés vers le Rottälligrat. Je connais bien le Rottaligrat et je me suis laissé entrainé par l’habitude et le plaisir du ski au soleil. Les expositions sont assez similaires, l’itinéraire est juste plus fréquenté.

    Les pauses sont courtes pour manger dans la montée pour ne pas trop se refroidir. Pour garder les gants chauds, soit on ne les retire pas, soit on les met tout de suite dans la veste pour limiter la perte de chaleur.

    On monte jusqu’au sommet où on mange un sandwich et c’est parti pour la descente. Thierry avait l’œil bien ouvert à la montée pour repérer les endroits en dehors de l’itinéraire principal de descente. La neige est très légère et on profite de champs de poudreuse quasiment pas skiée.

    Nous avons skié bien groupé sur la première moitié de la descente et le groupe s’écarte quand le terrain devient plus ouvert. Thierry me rappelle que le leader donne une direction et un point de rendez-vous et qu’il faut toujours skier en visuel des autres au cas où quelque chose arrive.

    On est maintenant plus groupés pour finir la descente. On a même le luxe de trouver un joli goulet pour finir la journée puis nous suivons la route d’été pour redescendre au parking. On s’est est mis plein des jambes et Thierry en a profité pour faire de super photos !

    On débriefe au parking et c’est l’heure de rentrer. Merci à Thierry, Elisabeth et Olivier pour le super weekend !!

    Vivement le prochain.

Julien B.


05 et 06 octobre 2024 - Alpinisme : Course d'arête - arête des sommêtres

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    Une sortie qui a mis en évidence les capacités d'adaptation du Groupe Alpi’ Cimes !

    Cette sortie du 5 et 6 oct 2024, nous (Bernard, Elisabeth, Bruno, Julien G, Eric et Jean Marc) a orienté à l'opposé du plan initial que devait être l'arête Ouest du Gwächtenhorn.

    Plusieurs lumières rouges commençaient à s'allumer :
      -chute de neige importante qui remet en question l'approche au refuge (pente instable),
      -un risque d'avalanche niveau 3 marqué qui nous force à nous questionner car des pentes de 40° nous attendaient à la montée et aussi la descente,
      -Une neige pas suffisamment stabilisée pour que le groupe soit dans des conditions de sécurité.

    Nous avons très vite rebondi vers un plan de tout autre nature et qui nous a permis de quand même réaliser une sortie : l'arête des Sommêtres dans le Jura Suisse Une très belle et longue arête calcaire flanquée au milieu d'une forêt d'épicéa et culminant à 1079m.

    Pas de neige, pas de risque d'avalanche, le plan B parfait pour ce WE.

    Il nous a tout de suite à tous paru logique de réaliser 2 cordées de 3 plutôt que 3 cordées de 2 dans une logique d'apprendre à gérer 2 seconds emmenés par le leader. Gestion de la longueur de corde entre chacun, gestion des passages clé lors des désescalades et de la sécurisation du leader qui ferme la marche dans la phase de descente, autant de moments où il faut réfléchir rapidement et efficacement à la meilleure méthode de franchissement et d'assurage (corde tendue, micro longueur, utilisation du relief pour assurer la cordée).

    Une journée très formatrice et qui s'est parfaitement déroulée dans de bonnes conditions météo et avec une excellente cohésion de groupe.

    Le lendemain matin, nous avons travaillé en situation réelle certaines manip de corde :

    Mouflage, aide au second dans un terrain vertical, rappel sur nœud de Dufour.

    Le WE s'est clôturé par un débrief et un REX efficace et constructif à l'issue de ces deux jours. Ce WE avec ses aléas a montré les capacités du groupe à vite réagir et organiser efficacement une sortie alternative au plan initial.. 

 


14 et 15 septembre 2024 - Alpinisme : mixte classique - Weissmies

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    Lors du week-end des 14 et 15 septembre, les membres du groupe alpinisme de la Ligue Grand Est de la FFME ont pu mener à bien leur ascension du Weissmies, sommet Suisse culminant à 4017m.

    Au lieu de la classique montée depuis la Weissmieshutte à dominante glaciaire, nous avions choisi d’emprunter en aller-retour l’arête Est. Cet itinéraire propose en effet une escalade dans un rocher homogène et dans des difficultés modestes, suivie d’une partie finale en neige facile. Ceci imposait de rester efficace dans les stratégies de gestion de la corde, entre les passages à corde tendue ou en micro-longueurs. Les six participants ont tous atteint le sommet, confirmant ainsi l’homogénéité du groupe. Le fait de parcourir l’arête à la descente constituait également un excellent entraînement.

    Après une pause bienvenue au refuge, la descente dans la vallée a encore bien sollicité les jambes : Avec 1200m de montée au refuge, 1100 m de montée au sommet suivis de 2300 m de descente jusqu’à la voiture, le weekend a été bien rempli !

    Au-delà de l’aspect formateur, nous retenons aussi le partage d’une belle aventure humaine et le privilège de profiter d’un cadre magnifique, d’un lever de soleil somptueux et de sommets magnétiques autour de nous.


21 au 25 août 2024 - Alpinisme : grandes voies - Aiguilles Rouges

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Mercredi 21 :

    La distribution géographique des membres du groupe nous impose deux départs. Les Alsaciens Bruno, Elisabeth et Pierre font route ensemble. Tôt ce matin, Eric et moi-même, les deux Lorrains du séjour, co-voiturons également direction Chamonix. Rendez-vous à midi au Parking de Tré-Le-Champ juste sous le col des Montets. Après quelques échanges via nos réseaux internes, la décision était prise de se rendre aux Chézerys sur les dalles éponymes.

    Prendre contact, toucher le grain de ce caillou chamoniard, faire corps ensemble assurant nos premiers pas verticaux au rythme de ces deux nouvelles cordées. Elles trouvent leurs marques, et apprennent progressivement à se découvrir, à mesure de la hauteur prise. Si les premiers relais encore un peu hésitants, les gestes reviennent, quelques automatismes refont surface et une certaine fluidité revient progressivement. Eric et Bruno ont attaqué la voie Bleue (D+ 6a>5b I X1 P1 E2), 5 jolies longueurs bien équipées en 5b/c, enchainées en réversible.

    Je propose à Elisabeth de prendre la tête de l’EMHM (D+ 5c>5b I P1 E2), 5 belles longueurs en 5c max pour une ascension en flèche avec Pierre et moi en seconds. Les cordées avancent bien côte à côte, simultanément sous le regard bienveillant d’un bouquetin qui trône majestueusement au pied de nos voies. Nous parvenons au dernier relais et commençons sans encombre le premier rappel. Au deuxième, le brin de corde rappelée, lors de sa chute, forme une improbable boucle et vient se coincer derrière un rocher. Eric et Bruno ont eux aussi quelques soucis de torons qui gênent leur progression descendante. Bruno nous retrouve au relais (les 2 rappels se rejoignent). Eric stoppe sa descente et après s’être ré-encordé avec un seul brin, je l’assure et il repart récupérer la corde coincée. Illustration parfaite d’un incident classique et démonstration d’une solution adaptée à la situation. Le dernier rappel sera également ralenti par une corde décidément bien capricieuse et forcera Bruno à un démêlage de torons invraisemblable. Bien en peine, seul coincé à 25 mètres du sol, je décide de le rejoindre et en profite pour montrer la technique de descente sur un rappel en tension avec un mousqueton et un machard en sécu. A quatre mains pour se défaire d’une corde bien récalcitrante et accéder enfin à un retour au sol en douceur, la situation est vraiment très cocasse pour le placide bouquetin qui doit décidément trouver notre bipédie bien peu adaptée à son terrain de jeu favori.

    Les pieds enfin au sol, quelques derniers clichés avec notre ongulé préféré et retour au parking. Le Gîte du Vieux Grassonnet sera notre repaire pour les jours à venir, une bonne douche et décidons de simplement mettre les pieds sous la table pour le premier soir et débriefons cette première après-midi autour d’une pizza-bière à Argentière.

    Il était bien important d’avoir ce premier contact entre nous, en situation enfin après tous nos déboires météorologiques de ce printemps 2024, de prendre d’importants repères sur les hauteurs de ce gneiss typique, de se glisser petit à petit dans ce cadre majestueux qui impose humilité et respect, de créer ce premier lien de confiance, uni par ces brins de 9mm et qui nous autoriseront les prochains jours d’autres aventures verticales.

Jeudi 22 :

    L’anticyclone est bien là…météo au beau fixe, aucun risque d’orage. Parfait ! La journée s’annonce bonne. La veille, j’ai proposé de faire la traversée Clocher-Clochetons (AD+ 5a>5a II P2) au-dessus de Planpraz. Je connais ce secteur pour y avoir fait d’autres voies mais pas cette course qui mêle ascension verticale, technique de relais, pose de friends et coinceurs, rappels, passages aériens et même installation d’une tyrolienne ! Parcours ludique et atypique sur les sommets de ces lames de pierres. Victimes de leur succès esthétique, les clochetons attirent les foules mais aujourd’hui nous sommes plutôt tranquilles et après 1 heure d’approche depuis la télécabine, nous voilà les premiers à l’attaque et avons le plaisir d’ouvrir la voie sur ce premier ressaut rocheux, le majestueux clocher de Planpraz. Il a vraiment fière allure et se détache de cette gencive telle une saine canine pointue. Les autres clochetons trouvent aussi leur place sur cette ligne d’horizon, certes un peu plus chicots mais tout aussi acérés et tranchants.

    C’est Eric qui part le premier, rapidement rejoint par Elisabeth au premier sommet du jour après une esthétique longueur aérienne. Bruno part ensuite en leader et Pierre l’assure en second. Tout comme la première cordée, ils enchaineront les longueurs suivantes en réversible. Je me joins à eux sur cette course, tantôt encordé avec une potence sur les parties les plus grimpantes, tantôt connecté à leur corde avec un machard pour m’accorder plus de liberté de mouvement et contrôler ainsi plus facilement la progression et les manips.

    La recherche d’itinéraire n’est pas très compliquée mais suggère néanmoins quelques allers-retours sur la photocopie papier du topo.

    Au second sommet « le Petit Clocher », il faut descendre de quelques mètres pour trouver le départ du grand rappel de 40 m. Un maillon rapide relie 4 cordelettes fixées autour d’un bloc.

    Une très belle facette fracturée nous mène au sommet suivant « le premier Clocheton ». De cette plate-forme, il convient alors d’installer une tyrolienne pour franchir les 4 mètres qui nous séparent du deuxième Clocheton. Deux barres métalliques en T sont prêtes à accueillir la boucle de notre corde après un lancer à distance hasardeux. Eric se prête au jeu mais sans succès. Je lui suggère une autre méthode avec un lancer plus latéral de quelques anneaux de corde. Le poids du paquet ainsi constitué doit favoriser l’accès à la terrasse voisine. Il faut en plus jouer avec le vent latéral et évidemment compter aussi sur la chance ! Au troisième lancer, bingo…je trouve la cible. Je mets en place une poulie microtrax’ pour parfaire la tension de la corde, sécurisée par un nœud en butée. On garde un brin de corde pour se contre-assurer et après avoir passé les deux brins horizontaux dans un mousqueton au pontet, il n’y plus qu’à se hisser de l’autre côté. Les uns après les autres, on s’amuse de ce parcours atypique et prenons la pose pour la photo, souvenir d’un moment unique. Nous faisons ensuite coulisser le dispositif avec la poulie de l’autre côté afin de pouvoir le défaire une fois le dernier passé. Les compagnons de la cordée anglaise qui nous suit tentent à leur tour le lancer « cow-boy ». Après quelques échecs, ils ne sont pas contre un petit coup de pouce de notre part ! On récupère leur boucle tombée à quelques centimètres du T et on la passe dans le clou salvateur…

    Une courte ascension nous mène au sommet du deuxième Clocheton et nous entamons un joli rappel aérien. Au pied du dernier Clocheton, l’hésitation s’installe. La cheminée en 5a (« une cheminée lisse et exposée débouche sur un bloc coincé muni d’une sangle » d’après le topo) n’inspire pas le groupe. C’est la dernière difficulté de grimpe mais la fatigue et le poids du chrono commence par peser. L’espoir d’arriver pour la dernière benne de descente à Planpraz s’amenuise progressivement. Elisabeth prend son courage à deux mains et franchit sans son sac à dos cette pénible remontée de cheminée chamoniarde. Eric la suit puis hisse son sac le long du toboggan. Nous suivons derrière. J’installe au plus vite le dernier rappel avec encore un brin d’optimisme pour choper cette dernière benne de 17h00 ! et si ça se jouait à quelques minutes ?

    On retourne ensuite rapidement à la brèche de départ par la combe Nord-Est, basculons vers les pentes Ouest et accélérons le pas une fois le chemin retrouvé. A 16h50, il est tant de courir. Je pars devant avec l’intention de remercier chaleureusement l’employé de la remontée mécanique en espérant qu’il patiente quelques minutes supplémentaires en attendant les copains derrière, avant de clore sa journée de travail. J’arrive à 17h00 pile mais pas de panique, la file des touristes candidats à la descente assistée est suffisamment longue. D’un pas pressé, le reste du groupe arrive 4 minutes plus tard. Ça s’est joué de peu ! La grande dégringolade le long du chemin sinueux entre Planpraz et Chamonix nous aurait vraiment coûté sur le plan physique et psychologique…

    Nous pensions avoir largement le temps pour cette course et avions perdu 3/4 d’heure le matin sur la première benne. La morale : toujours partir au plus tôt, se laisser de la marge, un horaire peut exploser très vite en montagne. Une hésitation, une erreur d’itinéraire, une défaillance, un coup de frais, une fringale…et deux cordées qui se suivent sont toujours plus lentes !

    Les guides professionnels donnent toujours le sentiment d’être pressés, de courir…ils ont simplement depuis longtemps compris l’importance d’un horaire respecté au service d’une sécurité presque garantie. Le temps « amateur » n’est pas différent du temps « professionnel », simplement c’est sa perception qui nous joue parfois des tours. Gardons cela à l’esprit car l’horloge tourne à la même vitesse et les dangers potentiels (nuit, orage, fatigue…) arrivent tout aussi vite !

    La chaleur accablante de la vallée, la satisfaction de cette journée bien remplie et la joie d’avoir évité 1000m de D- nous poussent irrémédiablement vers une bière en terrasse pour un debrief au pied du Mont Blanc.

    Le détour par les quelques magasins de sport de la ville finit par rassasier notre soif de bonheur. Nous restons tout de même raisonnables et résistons aux sirènes de la consommation…pas facile !

    Retour au bercail et après une douche bien méritée, Julien nous retrouve pour le repas et poursuivre avec nous le séjour.

    On échange sur le choix de course et je propose l’arête SE de l’Index de la Glière (AD- 4c>4a A0 I P2). Une course différente, facile d’accès qui permettra à Pierre de ne pas rentrer trop tard en Alsace en fin de journée.

Vendredi 23 :

    La météo est vraiment avec nous cette semaine. Tempête de ciel bleu encore aujourd’hui au programme des cieux. Cette fois la leçon est bien apprise. Lever 30 minutes plus tôt, sacs prêts depuis la veille, tout est organisé pour bien prendre le premier départ des télécabines de la Flégère, puis du télésiège de l’Index qui nous amènera à 20 minutes du pied de la voie.

    A l’approche, un guide et son client nous doublent au ressaut précédant la vire herbeuse qui mène au départ de la voie. Nous ne les reverrons plus de la journée…là encore le professionnalisme fait son œuvre et montre avec évidence la voie à suivre. Derrière nous, ça commence à se bousculer. Les cordées viennent buter sur notre bouchon que nous venons de constituer avec nos 3 cordées. On accepte qu’une cordée qui semble plus rapide nous double au départ. Pour les autres, tant pis. Premiers arrivés, premiers servis…il fallait se lever plus tôt ! La course en montagne ou en falaise est souvent à prendre au premier degré du terme et se joue essentiellement à l’attaque. Être devant, quitte à laisser passer si la pression devient trop forte et maitriser son timing.

    Elisabeth et Bruno sont les premiers à s’engager dans le dièdre en 5b qui constitue la plus grande difficulté technique de la voie. Julien et moi engageons à notre tour cette ascension. Eric et Pierre suivent le rythme de ce petit train aérien. Sur le fil de cette arête de plus en plus gazeuse, il convient de poser ses propres protections, de trouver l’écaille qui va accueillir une sangle, de dégoter les fissures à Friends ou celles propices aux câblés, de se poser au bon relais car ils ne sont pas forcément évidents et équipés. L’apprentissage bat son plein. Chacun se questionne, fait ses propres choix, se rend compte de ses erreurs lorsque le tirage devient trop important…

    Je montre à Eric et Pierre comment éviter cela et emboite rapidement le pas derrière Julien en raccourcissant mon encordement grâce à quelques anneaux de buste en progressant corde tendue. Avant la dernière longueur, l’hésitation d’Elisabeth et Bruno quant à l’itinéraire me pousse à demander à Julien de les doubler pour passer devant. Il s’engage mais fait aussi une petite erreur d’itinéraire sans conséquence car la sortie peut emprunter aisément une voie parallèle équipée en plaquettes sur le mur final. La traversée avant d’atteindre ce mur est un peu engagée et surtout très péteuse avec de nombreux blocs instables. Je me transforme alors en cheminot-aiguilleur et envoie les copains de l’autre côté sur la bonne voie bien plus sûre.

    Là-haut, il reste à trouver le rappel situé en contre-bas de la deuxième pointe sommitale. Je repasse devant pour aller le chercher. Après avoir rabouté la corde de Bruno et Elisabeth avec la nôtre, le rappel est installé et je descends le premier avant d’engager le reste de la troupe.

    Pierre et Eric nous rejoignent et bientôt on se retrouve tous au col de l’Index pour un petit grignotage avant d’entamer la descente d’un couloir raide où la méfiance et la concentration devront rester de mise. On garde les baudriers et on ne s’interdit pas de ressortir la corde en cas de besoin. Mais nous n’en ferons pas usage, le groupe progresse bien avec prudence et retrouvons rapidement le télésiège pour un retour express en vallée.

    Contrat rempli. Il est 15h45, on laisse Pierre sur le Parking pour rejoindre l’Alsace. Il va pouvoir voyager accompagné par de bien belles sensations et images captées lors de ces trois jours alpestres !

    Après la douche, on débriefe tranquillement au chalet avec une bonne bière. La journée s’est bien passée, conforme à nos attentes. Cependant, quelques améliorations auraient permis de gagner du temps sur certains secteurs de la voie. Le réflexe des grimpeurs de falaise pousse à sortir de grandes longueurs et fait oublier que la progression sur ce type de terrain peut être plus efficiente avec l’alternance de « corde tendue » et de « longueurs » en variant son encordement. On sort des conventions en Terrain d’Aventure et régulièrement on doit oublier certains réflexes de falaises aseptisées qui pèsent dans le sac à dos au détriment de l’efficacité.

    On profite des derniers rayons de soleil et grâce à une plaque de bois équipée de quelques plaquettes, je montre mes routines de relais pour tenter de gagner en efficacité et rapidité. Julien souhaite revoir également comment poser un relais sur 2 points éloignés. Puis, il est temps de faire le choix de course pour demain…le groupe aimerait s’orienter vers une course d’arête aux difficultés techniques moindres. Avec Eric, nous avions proposé en amont de ce stage une pré-sélection avec une liste de courses possibles réunies sous forme d’un tableau synthétique. Après une rapide consultation de cette liste, Elisabeth propose la traversée des Aiguilles Crochues (PD 3c>3c I P3 E3) qui semble cocher toutes les cases de nos attentes. Le groupe valide aussitôt. Le choix est fait. Je leur demande de bien checker tous les points préparatifs à cette journée. Accès, timing, matos, équipement, vigilances, météo pour une anticipation sans ombre, ni nuages.

    Arrivant de Munster, Kévin nous rejoint et on lui expose le programme du lendemain. Il a déjà une expérience de la course d’arête mais voilà plusieurs années qu’il n’a pas pratiqué. Il est ravi du choix fait sur le papier.

Samedi 24 :

    Lever 6h30, comme les deux jours précédents. Départ avec les premières bennes de la Flégère. Le télésiège nous hisse rapidement à 2400m. 1h15 de marche en direction du col des Aiguilles Crochues pour retrouver le départ sur le versant Nord-Ouest. L’accès au col est raide, de nombreuses pierres et blocs instables appellent à la prudence d’autant que les cordées se succèdent et nous ne serons pas seuls aujourd’hui !

    Au départ du dièdre, j’envoie Kévin devant et le suis en corde tendue. Il m’assure sur un becquet. Je guide et conseille ainsi les 2 cordées suivantes composées de Julien/Eric et Bruno/Elisabeth quant aux choix les plus opportuns pour la progression. Il n’est pas facile de savoir quand s’arrêter pour faire venir son compagnon, à quel endroit il est préférable d’avancer, quel becquet choisir…après une redescente qui nécessite de se faire mouliner, je propose à Eric et Julien de repasser devant. Ainsi placé seconde cordée, je me trouve plus au contact de Bruno et Elisabeth afin de les aider à opter pour les meilleures stratégies d’évolution. La course est vraiment une belle balade aérienne sans difficulté technique majeure.

    Juste avant le sommet Sud, de majestueux Gypaètes Barbus accompagnent l’instant. Se jouant des courants ascendants, ils planent quelques instants au-dessus de nous avant de s’éclipser aussi vite qu’ils sont arrivés le long des barres rocheuses.

    L’arête devient plus facile, la progression corde tendue est adoptée. Notre redescente se fera par un petit couloir empierré qui nécessitera encore de la prudence et nous resterons cette fois en corde courte, « à la laisse » avant de rejoindre les grand névés au-dessus du Lac Blanc.

    Débarrassés de nos baudriers et cordes rangées, nous voilà partis pour une grande glissade sur ce premier névé où chacun trouvera la technique qui lui sied le plus. Virages sautés, droit dans la pente, sur les fesses… Les plaques de neige suivantes sont moins rassurantes, les rochers en bas constituent un réel danger et bien qu’encore munis de nos casques on optera pour la prudence en choisissant de descendre tranquillement par l’épaule rocheuse.

    Le Lac Blanc impose son aura à mesure que le décor s’imprime sur la carte postale qui se révèle devant nous. Les touristes sont bien là, évidemment. Ainsi, il vient le temps de quitter notre terrain de jeu, ce domaine de privilégiés, celui réservés aux initiés dont nous faisons partie non sans fierté. On contourne le lac en rive droite pour une dernière traversée avec trois pas d’escalade au-dessus de l’eau…pour peu on se croirait dans les Calanques avec ce bleu !

    Avant de rejoindre les descentes mécaniques, on fait une halte rapide et je sors les quelques pitons que j’avais décidés d’emporter (mon sac était trop léger aujourd’hui !) pour un trop rapide exercice de pitonnage !

    Le retour en vallée et la bière retrouvée nous débriefons cette belle journée qui a vu son ciel azur se voiler progressivement annonçant la fin d’une période radieuse. Tout le monde est heureux avec le sentiment d’avoir encore appris de nouvelles techniques mesurant également le chemin qu’il reste à parcourir avant d’acquérir les automatismes et se sentir à l’aise et efficace.

    Les spaghettis bolo améliorées par ses petits légumes et les deux douceurs venues de Nouvelle Zélande vont parfaire une soirée bien arrosée.

    Malheureusement, la crainte pour le lendemain est bien présente. La pluie annoncée dans la nuit ne fait plus de doute. Que faire ? Espérer un rocher sec quelque part ? Nous attendrons de voir…

Dimanche 25 :

    Il pleut ! La décision de repartir est prise. Nous sommes surtout déçus pour Kévin qui a pris la route pour une seule journée finalement. Mais lui ne regrette pas, la journée de la veille a suffi à combler ses attentes.

    Avant de partir, comme à l’aller, chacun de chaque côté du massif vosgien, on fait un dernier tour de table exprimant ainsi à tour de rôle son ressenti sur ces journées à crapahuter là-haut.

    L’expérience est une longue épreuve qui se nourrit de tous ces moments qu’ils soient positifs ou négatifs. Cette semaine, ils ont été très positifs pour chacun, ça fait du bien aussi ! Je suis heureux pour ce groupe Alpi’Cimes qui voit petit à petit des actions formatrices se concrétiser. C’est avec un sentiment d’accomplissement que nous quittons ce massif qui a bien voulu nous ouvrir en grand ses portes.

    Si la contemplation des sommets nous pousse à prendre de la hauteur, c’est l’humilité qui nous en fait redescendre.

    Les yeux brillent dans ce groupe.

 


8 juin 2024 - Grande voie et orientation - Falkenstein    

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    Le groupe Alpi'Cimes impulsé par la Ligue Grand Est s’est retrouvé pour une journée de théorie et de pratique en Alsace samedi 8 juin sur le site d’escalade du Falkenstein. Réunissant une dizaine de personnes, la journée a été efficacement optimisée.

    "Nous avions comme projet pour le weekend de monter à Tête Blanche et la Petite Fourche depuis le refuge du Trient. Mais la météo fort incertaine nous a incités à la prudence. Nous nous sommes donc repliés sur un site d'escalade en Alsace. Nous avons d’abord abordé la cartographie, une excellente occasion de découvrir ou de réviser les éléments essentiels, tels que prendre un azimut ou procéder à une triangulation pour se repérer.

    Sont venus ensuite des ateliers centrés sur la sécurité en terrain rocher : leader assurant deux seconds depuis son relais, confection de relais sur des points existants ou sur coinceurs, sensibilisation à l’usage des longes réglables, exercices ludiques pour modifier rapidement les anneaux de buste et la longueur d’encordement selon la configuration du terrain.

 

    Autant le dire, nous n’avons pas vu défiler les heures, et même la pluie qui nous a raccompagnés jusqu’au parking sans effacer nos mines réjouies. Une journée loin des hauts sommets, mais pleine d’enseignements".

 


17 et 18 février 2024 - Alpinisme : formation base course arête et sécurité neige - Hohneck

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     Afin de développer son vivier d’encadrants et de promouvoir la multiactivié sur la région, la Ligue Grand Est a impulsé la constitution d’un groupe alpinisme avec l’objectif d’emmener un maximum de ses membres vers l’autonomie et le diplôme d’initiateur alpinisme ou ski-alpinisme.

     Le weekend des 17 et 18 février a marqué les premiers pas de ce groupe dans le massif vosgien. Un des objectifs était l’élaboration d’un calendrier de sorties répondant à des critères de progressivité et de cohérence face aux exigences du diplôme. L’autre objectif était de faire un tour d’horizon des connaissances et d’échanger sur les pratiques individuelles à travers la mise en place de divers ateliers : déplacement en pente de neige, création d’ancrages, mouflages, gestion de la corde et pose de protections en terrain rocher, exercice de recherche avec un DVA. Heureusement pour nous la météo s’est montrée clémente et nous avons réussi à trouver des névés suffisants pour remplir nos journées efficacement malgré le faible enneigement.

    Au final, un weekend riche en enseignements et échanges constructifs laissant augurer d’une belle marge de progression pour ce jeune groupe.